Boîtes et dossiers dans une réserve d’archives photographiques. Scène illustrative.

GUIDE / PROTOCOLE

Registre de preuves et de sources

Une affirmation forte doit rester vérifiable après sa publication et après sa reprise par un moteur ou une IA.

Réponse directe

À quoi sert un registre de preuves ?

Il permet de retrouver l’origine de chaque fait public, son contexte, la personne qui l’a validé et la date à laquelle il doit être revu. Il évite que des hypothèses deviennent des certitudes par répétition.

01 / Méthode de contrôle

Méthode de contrôle

01

Isoler les affirmations

Recenser chiffres, dates, attributions, comparaisons et promesses qui influencent une décision.

02

Relier les sources

Conserver URL ou document, auteur, date, passage utile et droit de réutilisation connu.

03

Qualifier la confiance

Distinguer source primaire, corroboration indépendante, interprétation et information non confirmée.

04

Organiser la révision

Nommer un responsable, une échéance et une procédure visible de correction ou de retrait.

02 / Preuves à conserver

Preuves à conserver

Énoncé précis

Une affirmation par ligne, formulée sans ambiguïté.

Source et capture

Lien durable, titre, auteur, date et passage vérifiable.

Statut

Confirmé, corroboré, provisoire, contesté ou obsolète.

Décision

Publier, nuancer, vérifier de nouveau ou retirer.

POINT DE CONTRÔLE

Avant de conclure

Une erreur de lecture fréquente et la vérification qui permet de l’éviter.

Conclusion trop rapide

Une source citée ne prouve pas toute la phrase. La date, le périmètre et la formulation peuvent soutenir un fait plus étroit que l’affirmation publiée.

Contrôle décisif

Relier chaque affirmation importante au passage exact, conserver une copie datée et qualifier séparément la source, l’inférence et ce qui reste inconnu.

APRÈS LE CONTRÔLE

Décider selon le constat

01

Une affirmation dépend d’une seule source secondaire

Remontez à la source primaire et recherchez une confirmation indépendante. Si elle manque, reformulez l’affirmation comme incertaine et indiquez sa portée.

02

Une source a été corrigée après publication

Conservez la trace de la version citée, réévaluez les passages qui en dépendent et publiez une correction explicite si la conclusion change.

Arbitrage et trace de décision

Arbitrage et trace de décision

Ce que le contrôle doit permettre de décider, et la preuve à conserver pour réexaminer ce choix.

Preuve suffisante

Pour chaque affirmation importante, relier le passage exact à sa source, sa date, sa copie et son niveau de confiance. Un lien vers la page d’accueil du registre ne permet pas la reprise.

Décision suivante

Publier le fait au niveau de précision réellement soutenu. Si une source manque ou contredit la conclusion, conserver l’hypothèse ouverte et nommer la vérification nécessaire.

OSINT / Références officielles

Quand une affirmation doit rester vérifiable

Associer chaque affirmation à un document daté, une version et une limite de lecture.

FR

Insee · Séries chronologiques

Pourquoi commencer ici

Conserver le code et la méthode de la série derrière un chiffre public.

Limite à garder en tête

Conserver code, unité, champ, méthode et révisions ; deux séries de périmètres différents ne se comparent pas directement.

Lire la fiche source
EU

InfoCuria

Pourquoi commencer ici

Citer l’affaire, le texte de la décision et ses paragraphes pertinents.

Limite à garder en tête

Lire le dispositif et les motifs de la décision ; un résumé ou un communiqué n’en remplace pas la portée.

Lire la fiche source
FR

Gallica · BnF

Pourquoi commencer ici

Identifier l’édition et la page d’un document historique numérisé.

Limite à garder en tête

Une copie numérique ne valide pas toutes les affirmations du document. Contrôler la provenance, les erreurs d’OCR et les conditions de réutilisation attachées à la ressource ; la licence d’une photo de la BnF ne s’y applique pas.

Lire la fiche source
Voir les 76 sources publiques

Cas de contrôle approfondis

Situations types pour préparer un contrôle. Elles ne décrivent pas des missions ou observations réalisées.

La source a changé d’adresse

Ce qu’il faut examiner

Ouvrir l’ancienne URL et vérifier la destination, la version et la date du document retrouvé.

Décision et action

Actualiser le lien de consultation sans effacer l’URL historique ; une redirection ne prouve pas un contenu identique.

Preuve à conserver

Deux URL, date de contrôle et différence entre les versions.

La capture ne montre pas le contexte

Ce qu’il faut examiner

Rechercher la requête, les filtres, la date et les passages autour de l’extrait conservé.

Décision et action

Compléter le dossier avec le contexte manquant ; limiter la conclusion si les paramètres d’origine ne sont plus récupérables.

Preuve à conserver

Capture, paramètres reconstitués et éléments restés inconnus.

Le passage justificatif change

Ce qu’il faut examiner

Comparer le passage conservé avec la nouvelle publication et vérifier sa portée.

Décision et action

Réviser ou suspendre l’affirmation si la preuve ne la soutient plus.

Preuve à conserver

Versions, différence, décision et date du recontrôle.

Relecture avant décision

Ces questions complètent la méthode. Elles aident à vérifier ce qui est réellement établi, sans effacer les réserves du relevé.

Chaîne retrouvable

Un relecteur retrouve-t-il le document, sa version et le passage utilisé depuis l’affirmation ? Les reprises du même document sont-elles identifiées comme dépendantes ?

Voir une décision commentée

Exemple fictif : l’état concerne uniquement le critère et le périmètre décrits.

Observation fictive
La note cite une page d’accueil ; la phrase invoquée n’a ni passage repéré ni version conservée.
État déclaré
Écart observé
Décision et prochain contrôle
Retrouver la pièce et le passage avant transmission. Le lien vers le portail ne suffit pas à reproduire la vérification.

Réserves conservées

La conclusion garde-t-elle les contradictions, la période couverte et les éléments manquants ? Réouvrir le relevé lorsqu’une source est corrigée ou remplacée.

Voir une décision commentée

Exemple fictif : l’état concerne uniquement le critère et le périmètre décrits.

Observation fictive
Deux pièces datées donnent des adresses différentes ; la conclusion conserve les deux et leur période.
État déclaré
Vérifié dans ce périmètre
Décision et prochain contrôle
La réserve est visible. Reprendre le dossier si une pièce rectificative établit la date du changement.

Intégrité et origine

L’empreinte identifie-t-elle la copie conservée ? Vérifier séparément l’origine et le passage cité : une égalité d’octets ne valide pas une affirmation.

Documentation consultée : NIST · Secure Hash Standard ·

Voir une décision commentée

Exemple fictif : l’état concerne uniquement le critère et le périmètre décrits.

Observation fictive
Deux copies ont la même empreinte ; le producteur du document n’a pas été identifié.
État déclaré
Non vérifié
Décision et prochain contrôle
Conserver le constat d’intégrité des copies sans valider leur origine. Chercher la publication première.

OUTILS / REGISTRES

Informations à relever

Une ligne correspond à une affirmation précise. Un même document qui soutient plusieurs affirmations doit être relié à plusieurs lignes, avec un passage distinct pour chacune.

  • Date de consultation et fuseau
  • URL exacte
  • Affirmation à vérifier
  • Passage / valeur observée
  • Source indépendante
  • Limite / incertitude
  • Décision / prochaine action
  • Responsable du contrôle
  • Prochain contrôle

03 / FAQ

Questions fréquentes

Une seule source suffit-elle ?

Parfois pour un fait qui émane directement de son auteur. Une affirmation contestable ou décisive exige un recoupement adapté.

Faut-il exposer tout le registre ?

Non. Les preuves communicables peuvent être publiées ; les éléments confidentiels restent dans un périmètre contrôlé.

Une capture d’écran suffit-elle comme preuve ?

Elle conserve un état, mais notez aussi URL, date, auteur ou éditeur, contexte et méthode de vérification.

Comment traiter une source contradictoire ?

Conserver les deux versions, dater les observations et qualifier le désaccord avant de publier une conclusion.

Quand une preuve devient-elle obsolète ?

Lorsqu’elle ne soutient plus l’affirmation actuelle ou que le contexte, la méthode ou la source a changé.

Présenter un contexte

REPÈRES DOCUMENTÉS

PAdES : quatre niveaux de conservation, pas quatre degrés de vérité

La norme ETSI EN 319 142-1 V1.1.1 décrit ces niveaux de signatures PDF. La documentation DSS 6.5 de la Commission européenne explique leur augmentation. Ils distinguent les éléments disponibles pour une validation dans le temps ; le nom du niveau ne remplace pas le résultat de cette validation.

B-BB-TB-LTB-LTA
PAdES : quatre niveaux de conservation, pas quatre degrés de vérité
RepèreValeur ou formeCe que cela désigne
B-BPAdES-BASELINE-BNiveau de base : signature et attributs requis pour ce profil. Une heure déclarée par le signataire n’est pas, à elle seule, une preuve temporelle fournie par un tiers de confiance.
B-TPAdES-BASELINE-TAjoute une indication de temps fiable attestant l’existence de la signature. Vérifier le jeton et son périmètre plutôt que lire seulement une heure affichée dans la zone de signature.
B-LTPAdES-BASELINE-LTIncorpore le matériel nécessaire à la validation à long terme, notamment certificats et informations de révocation. Leur présence ne dispense pas d’en contrôler la validité et la pertinence temporelle.
B-LTAPAdES-BASELINE-LTAAjoute des horodatages qui protègent aussi les éléments de validation pour prolonger leur exploitation. La préservation peut demander de nouveaux horodatages ; ce n’est pas une garantie illimitée obtenue une fois pour toutes.

À retenir pour le dossier

Conserver format, niveau détecté, logiciel et version de validation, politique, instant de contrôle et rapport détaillé. La qualification juridique du service ou de la signature est une analyse distincte. Un nom de fichier portant LTA ne démontre ni le niveau réel ni une validation réussie.

Un ajout LT ou LTA signifie-t-il que le signataire a signé de nouveau le texte ?

Pas nécessairement. L’augmentation ajoute des éléments de validation ou de préservation à une signature existante. Conserver le fichier initial et la version augmentée, puis vérifier les signatures et révisions au lieu de compter automatiquement deux approbations du contenu.

Documentation primaire

Documentation consultée le .

REPÈRES DOCUMENTÉS

Positions d’une citation : compter les points de code, pas les unités JavaScript

Un repère de début et de fin n’est reproductible que si le texte et l’unité de comptage restent identiques. TextPositionSelector compte les points de code Unicode dans l’ordre logique, même pour un texte de droite à gauche.

Positions d’une citation : compter les points de code, pas les unités JavaScript
RepèreValeur ou formeCe que cela désigne
start / end[5,10)La première position est zéro. Le caractère de début est inclus et celui de fin est exclu : [5,10) extrait cinq points de code.
Unicode / UTF-16🧭 · 1 / 2Dans « 🧭 A: alpha; B: alpha. », le symbole initial occupe un point de code mais deux unités UTF-16. La première occurrence d’alpha est [5,10) en points de code et [6,11) en UTF-16.
graphemee + U+0301Le W3C recommande de ne pas couper un graphème. Un accent combiné ou une séquence emoji peut contenir plusieurs points de code ; l’outil signale ces frontières selon Intl.Segmenter du navigateur.
resource changesoffsets ≠ versionUn ajout avant la citation déplace les positions. Préserver l’extraction et l’état de la ressource ; relire le texte effectivement sélectionné au lieu de se fier aux seuls nombres.

Essayer le repérage de texte

Exemple original, sans document réel : 🧭 A: alpha; B: alpha. Les deux explorateurs sont indépendants.

Lecture des positions dans l’exempleLe premier symbole occupe un point de code et deux unités UTF-16. alpha se trouve en [5,10) ou [15,20) en points de code.U+1F9ED[0,1)␠[1,2)A:␠[2,5)alpha[5,10);␠B:␠[10,15)alpha[15,20).[20,21)Unicode code points · ␠ = U+0020
Le premier symbole occupe un point de code et deux unités UTF-16. alpha se trouve en [5,10) ou [15,20) en points de code.

Texte non vide : 2 000 points de code maximum ; citation : 1 à 200 ; chaque contexte : 100 maximum. Aucune suppression d’espaces, de balises ou d’accents. Fins de ligne LF dans les champs.

Les positions suivent l’ordre logique du texte. L’affichage de droite à gauche ne renverse pas les indices.

Données calculées dans votre navigateur ; aucun texte transmis par ces outils.

Sélection calculée

Points de code du texte : 21 · Unités UTF-16 du texte : 22

Positions des correspondances
DébutFinPassage sélectionnéFrontières de graphème
510alphaFrontières conservées

Frontières conservées

Représentation du sélecteur, sans fichier créé

{"type":"TextPositionSelector","start":5,"end":10}

Rechercher ou relire un passage ne valide ni la source ni l’affirmation.

À retenir pour le dossier

Le texte collé est supposé déjà extrait. Le navigateur ramène les fins de ligne des champs texte à LF ; aucune autre normalisation n’est ajoutée. L’intervalle vide est affiché explicitement. Ce lecteur n’est pas un validateur complet Web Annotation.

Pourquoi une sélection visuellement correcte peut-elle être mal comptée ?

String.length et les indices habituels de JavaScript utilisent UTF-16. Array.from découpe les points de code, mais pas les graphèmes. La bonne unité dépend du contrat ; les positions Web Annotation ne se transposent donc pas directement aux indices JavaScript.

Documentation primaire

Documentation consultée le .

APPROFONDISSEMENT / PRATIQUE

Conserver une preuve avec son contexte d’usage

Des documents sont stockés dans un dossier, mais leur lien avec les conclusions a été perdu. Un registre rend visible pourquoi une pièce a été collectée et ce qu’elle permet d’établir.

Mis à jour le .

Vérifications prioritaires

Attribuer un identifiant, renseigner origine, date, version et proposition soutenue. Séparer le fichier conservé, les notes du chercheur et les changements intervenus après consultation.

Pièges d’interprétation

Un nom de fichier parlant ne suffit pas pour retrouver les conditions de collecte. Une empreinte identique démontre une identité de contenu, pas la véracité du document.

Document de travail à conserver

Le registre comprend référence, chemin ou URL, contexte, statut de vérification et usage. Une autre personne doit pouvoir retrouver la pièce et comprendre sa place dans le raisonnement.

CAS PRATIQUE / EXEMPLE PÉDAGOGIQUE

Une pièce est conservée sans motif de collecte

L’exemple ci-dessous est pédagogique. Il montre comment passer d’un document à une proposition qualifiée, en préservant le contexte, les éléments contradictoires et les informations que la recherche ne permet pas encore d’établir.

Contexte de l’exemple

Un dossier contient de nombreux fichiers correctement nommés. Plusieurs mois plus tard, personne ne sait quelles propositions ils soutenaient ni dans quelles conditions ils ont été obtenus.

Démarche proposée

Attribuer des identifiants et relier les pièces aux questions du dossier. Renseigner origine, version et observation. Séparer les notes rédigées après collecte du contenu de la pièce.

Conclusion et prochaine étape

Le registre restitue le rôle de chaque élément. Les documents inutiles au raisonnement restent identifiés comme contexte ou piste abandonnée, plutôt qu’être présentés comme preuves indistinctes.

Questions pour approfondir la pratique

Faut-il conserver une pièce finalement non utilisée ?

Cela peut être utile pour expliquer une piste écartée ou une contradiction. Son statut et son rôle doivent être clairs afin de ne pas laisser croire qu’elle soutient la conclusion finale.

ATELIER DÉTAILLÉ / MISE EN APPLICATION

Rendre une pièce retrouvable après la fin de la recherche

  1. 01 / Préparer les informations utiles

    Rassembler fichiers, références et notes de collecte. Choisir une convention d’identification et les champs utiles pour retrouver les pièces et comprendre leur rôle.

  2. 02 / Exécuter la démarche

    Attribuer un identifiant, renseigner provenance, version, date et proposition soutenue. Séparer document, observation et commentaire. Vérifier que les chemins ou liens conduisent au bon élément.

  3. 03 / Examiner une situation alternative

    Si une pièce a été écartée, conserver son statut et le motif utile. Elle peut documenter une contradiction ou une piste sans faire partie des preuves de la conclusion.

  4. 04 / Décider de la suite

    Le registre est utilisable lorsque quelqu’un peut retrouver une pièce et expliquer son usage. Le classement par nom de fichier seul ne suffit pas à cette traçabilité.

  5. 05 / Transmettre les éléments de contrôle

    Transmettre index, conventions et limites de conservation. Les changements de version sont reliés aux anciennes pièces et aux conclusions qui les utilisaient.

LIVRABLE COMMENTÉ / GRILLE DE LECTURE

Un index de pièces avec rôle et statut d’utilisation

L’index conserve identifiant, provenance, version et proposition soutenue. Les notes du chercheur restent distinctes des pièces pour expliquer la place de chaque élément dans le dossier.

Sur petit écran, faites défiler la grille pour lire les trois colonnes.

Exemples de situations à qualifier
Élément observéInterprétation permiseSuite à prévoir
La pièce et son usage sont retrouvables.La preuve peut être relue avec son contexte de collecte et sa contribution.Conserver les références et vérifier les changements de version.
Le fichier existe sans motif d’utilisation identifié.Le stockage ne suffit pas à reconstruire le raisonnement.Rattacher la pièce à une question ou la qualifier comme contexte.
Une pièce écartée reste présentée comme soutien.Le registre peut donner une impression de preuve supérieure au dossier réel.Indiquer son statut et le motif de son retrait du raisonnement.

Relecture du livrable

La relecture vérifie que chaque élément peut être retrouvé et compris sans dépendre de la mémoire du rédacteur. Les usages provisoires et les pièces remplacées doivent rester visibles dans l’historique.

RESTITUTION / EXEMPLE DE FORMULATION

Restitution : Conserver une preuve avec son contexte d’usage

Point à clarifier

Une pièce conservée doit garder le motif de sa présence dans le dossier.

Avant de transmettre

Relier fichier, provenance et usage sans dépendre du seul nom du document.

Exemple de conclusion qualifiée

Le document soutient la proposition décrite et peut être retrouvé par son identifiant. Les pièces de contexte et pistes écartées conservent un statut distinct.